Le bateau Sainte-Denise-Louise est un dundee ponté de 19,6 mètres, construit au chantier Hillebrand, à Ostende en 1935 pour le patron de pêche dunkerquois Valentin Marteel. Il pratiquait la pêche côtière (hareng) entre le Gris-Nez et la frontière belge avec ses frères dont le mécanicien Edgard Marteel.
Chantier
Le chantier Hillebrand à Ostende (Belgique) est un ancien chantier naval actif au XXe siècle, célèbre dans l’histoire maritime de la région pour la construction de navires de pêche en bois et de petites unités côtières.
Caractères techniques
Type
Dundee ponté, 2 mâts, 2 voiles auriques, foc et flèche.
Matériau
Chêne
Taille hors tout
19,60 m x 5,25 m
Déplacement
40 tonneaux
Longueur à la flottaison
17 m
Vitesse
11 nœuds
Victor Marteel, patron du Sainte-Denise-Louise.
Un acteur de l’opération Dynamo
L’opération Dynamo, le miracle de Dunkerque
Fin mai 1940, les armées alliées sont refoulées sur les plages et le port de Dunkerque. Plusieurs centaines de milliers de soldats, pilonnés par la Luftwaffe, sont à la merci de l’armée allemande qui resserre son étau. Pourtant, l’histoire bascule. Le 26 mai, l’ordre d’évacuation des troupes britanniques est décidé par Churchill. C’est le début de l’opération Dynamo, qui entre vite dans la légende.
Le 31 mai, les navires militaires dont le tirant d’eau ne leur permet pas d’approcher des plages sont rejoints par une flottille improbable composée de navires de la flotte de commerce, de bateaux de pêche, de yachts de plaisance et de canots de la Royal National Lifeboat Institution, soit 700 bateaux rassemblés à la hâte. Le Sainte-Denise-Louise était de ceux-là.
L’opération Dynamo sauve près de 200 000 soldats britanniques et 140 000 hommes des troupes franco-belges. Ces actes de bravoure se déroulent sous les incessants bombardements et mitraillages de l’ennemi.
Un dundee dunkerquois héroïque au cœur de l’opération Dynamo
En 1939, sous le commandement de Victor Marteel, le Sainte-Denise-Louise (DK 818) est utilisé comme dragueur de mines (sous le n° AD 394) sur les Bancs de Flandre et la rade de Dunkerque. Il est représentatif du type de chalutiers en bois réquisitionnés en grand nombre par la Marine nationale dès la déclaration de la Seconde Guerre mondiale pour faire face au danger des mines sous-marines. Le livre du commandant Maurice Guierre, Marine Dunkerque, chef de la police de la navigation en 1940, cite le courage des frères Marteel.
En 1940, le bateau est en Angleterre pour réparations lors du déclenchement de l’opération Catapult et est saisi par les Anglais. Le Sainte-Denise-Louise et son équipage rejoignent peu après les Forces françaises libres. Le navire participe à plusieurs reprises à des opérations clandestines de la Résistance. La Croix de Lorraine a été gravée sur sa coque et il s’est vu décerner une citation collective à l’ordre de l’Armée de mer. Le dundee est revenu à Dunkerque en 1945 et a participé aux opérations de déminage. Il fut décoré de la Croix de guerre pour faits d’armes.
Le Sainte-Denise-Louise après-guerre
Après la guerre, le Sainte-Denise-Louise a repris son activité de pêche jusqu’en 1974 avec l’immatriculation D 818 puis DK 818.
De 1978 à 1985, désarmé, il sert de bateau-atelier à l’équipe qui restaure le Notre-Dame des Flots, autre vieux gréement gravelinois typique de la région Nord – Pas-de-Calais. En 1983, le patron de pêche Victor Marteel décède.
L’équipage du Sainte-Denise-Louise a été reconnu pour sa « conduite admirable sous les bombardements », le patron Victor Marteel ayant été légèrement blessé par les balles de mitrailleuses ennemies. Le pilote Raoult, officier des équipages commandant la 102e section des dragueurs de mines magnétiques de Dunkerque, racontera au sujet du Sainte-Denise-Louise : « C’est un navire dont les équipages ont la plus haute idée du sacrifice à la patrie. Ces équipages ont assuré stoïquement leur devoir malgré l’infériorité manifeste de leurs armes. »
Croix de guerre, décernée pour faits d’armes.
La reconnaissance officielle des Little Ships of Dunkirk
L’association britannique des Little Ships of Dunkirk a officiellement reconnu le projet de reconstruction du Sainte-Denise-Louise. Elle lui apporte son soutien actif et lui ouvre l’accès à un réseau international de passionnés et d’historiens, puis à des événements commémoratifs de premier plan. Le soutien des Little Ships of Dunkirk et la dimension franco-britannique du projet confèrent un rayonnement international au projet Sainte-Denise-Louise.
Kevin Finn, commodore des Little Ships of Dunkirk.
Un monument historique
Depuis le 21 mai 1992, le Sainte-Denise-Louise est classé par les Monuments historiques, sous la référence PM 59001581. La protection est limitée à la coque. L’État français (le ministère de l’Éducation nationale et de la Culture de l’époque) a pris cette décision considérant que la conservation du bien désigné présente un intérêt public au point de vue de l’Histoire et de la technique maritime.
Il est possible de voir l’épave du Sainte-Denise-Louise sur le Môle 2 au quai Freycinet 5.
Il est également possible d’observer la maquette du Sainte-Denise-Louise et l’espace qui lui est dédié au sein du Musée Dunkerque 1940 – Opération Dynamo. www.dynamo-dunkerque.com
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